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Industrie 4.0 : l’Europe vers la double transition numérique et écologique

Le numérique représente une pièce centrale pour le développement de l’Industrie 4.0. Un mouvement en marche qui va de pair avec la transition écologique et la réduction de l’empreinte carbone des activités dites traditionnelles.

A l’occasion de l’événement Masters of Digital, organisé par DIGITALEUROPE et dont Numeum est membre et partenaire, des experts du numérique se sont réunis afin d’aborder les thématiques fortes liées au numérique. Parmi ces dernières, on retrouve naturellement les questionnement relatifs à la double transition écologique et numérique.

L’Europe dispose de toutes les qualités pour se développer en direction d’une Industrie 4.0. Elle dispose en effet d’entreprises robustes dans les secteurs des transports, de l’énergie ou du retail pour propulser ce mouvement. Sans pour autant parler de renaissance numérique, les tendances relatives à la double transition écologique et numérique sont à l’œuvre.

Cecilia Bonefeld-Dahl, Directrice générale de DIGITALEUROPE explique : « le numérique rebat les cartes de nombreux secteurs. Il modifie la manière dont nous nous soignons, dont nous interagissons pour la démocratie et la société. Jusqu’à présent, la technologie ou le numérique évoquait pour certains des peurs ou des craintes. La perception a désormais changé, en particulier grâce au dialogue avec les autorités, en particulier européennes. »

Industrie 4.0 : de nouveaux KPI pour mesurer l’impact du numérique

Le fait est, qu’à présent, le secteur dispose d’indicateurs clés pour mesurer et comparer les habitudes, les pratiques et les mouvements numériques vers lesquels l’Europe se meut. Si donc, dans l’ensemble, le numérique est de plus en plus intégré, du chemin reste encore à effectuer. La responsable de l’organisation européenne avance ainsi les chiffres selon lesquels 30% des européens ne disposent pas des compétences basiques pour utiliser le numérique.

Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne techtalks Industrie 4.0
Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne

Aussi, d’un point de vue purement économique, seulement 13% des licornes mondiales sont originaires d’Europe. Une part qui est cependant appelée à évoluer dans la mesure où l’objectif est d’atteindre les 25% d’ici 2025. Un souhait de développement à condition de répondre aux problématiques actuelles liées à la pénurie de semi-conducteurs par exemple ou à la prise en compte des enjeux environnementaux.

Réduire les émissions polluantes de 35%

L’Europe s’est donc fixé pour objectif de réduire les émissions polluantes de 35%. Et cela au moyen de l’utilisation des technologies vertes. Pour y parvenir, la président de la Commission européenne, Ursula von der Leyen met particulièrement en avant l’impact de la double transition numérique et écologique.

La responsable explique : « nous prévoyons d’investir dans les projets de nouvelles générations au travers d’un plan de plusieurs milliards d’euros. Le point central est d’apporter une réponse au développement des semi-conducteurs en Europe. Sans ces éléments, il n’y a pas de transformation numérique, pas de développement de l’automobile connecté, pas d’Industrie 4.0. »

Un point que soutien Florence Verzelen, Executive Vice-President Industry, Marketing & Sustainability pour Dassault Systèmes. Elle explique : « Nous avons lancé au sein de Numeum l’initiative Planet Tech’Care. Elle permet de fédérer les acteurs en France autour du sujet du numérique et de la prise en compte de l’impact écologique. Avec Dassault Systèmes, nous contribuons également à réduire l’impact carbone des entreprises car le numérique est un outil très puissant pour rendre les industries plus sobres. Pour parvenir à infuser l’innovation au sein de l’Industrie, il faut faire montre de rapidité. C’est véritablement la recette du succès. »

Avoir des chiffres communs, un sujet très « politique »

Pour réduire l’empreinte carbone et agir pour l’environnement, encore faut-il disposer d’un référentiel commun. L’objectif est de pouvoir comparer les industries et adopter des stratégies transposables à l’ensemble des secteurs. Un point qui peut susciter des attentes et des questionnements différents, en fonction des parties en présence.

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Mathieu Weill, Chef du service de l’Economie numérique au sein de la DGE soutient les projets de coordination des investissements européens en direction du développement durable. Il précise : « La force principale du numérique réside dans le fait qu’il traverse l’ensemble des volets des industries et de l’économie. Ce dernier ne se ferme à rien en somme et permet une transformation de la société vers un modèle plus durable. » Le responsable ajoute : « Le principal aspect clé réside dans le fait de disposer de KPI communes. Il faut pour cela avoir des mesures concrètes. Mais le sujet est très discuté et doit être revu en profondeur. En particulier sur l’impact des usages, les acquisitions de matériels. La question est très politique car les mesures peuvent rendre les entreprises ou les utilisateurs responsables et redevables de cet impact. »

Toujours est-il que la double transition peut être vue comme une valeur industrielle forte. Elle est à l’heure actuelle suffisamment reconnue comme incarnant un point de développement de l’Industrie 4.0.

Olivier Robillart