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Green Tech Forum : le numérique poursuit la transition écologique

Le salon Green Tech Forum est l’occasion pour les professionnels d’aborder le sujet de la transition écologique et numérique des entreprises. Un enjeu majeur pour faire face à l’urgence climatique et faire en sorte que le numérique réduise son empreinte carbone.

Tenu à la Défense, le Green Tech Forum est l’occasion de rassembler les professionnels du numérique qui œuvrent en faveur de la transition écologique. Le sujet est majeur. Pour éviter que le numérique ne soit perçu comme un nouveau facteur de pollution, les entreprises démontrent que le secteur agit véritablement. Nombre de mesures sont ainsi prises pour limiter l’impact du numérique ou pour que le numérique aide les industries traditionnelles à moins polluer.

GreenTech Forum TechTalks Numeum

Dans ce cadre, de nombreuses entreprises, y compris membres de Numeum, développent l’ambition de promouvoir le numérique responsable afin de permettre aux organisations publiques et privées de réduire leur impact environnemental. Un parti pris salué non seulement pas l’ensemble des entreprises privées, mais également par les instances de réglementation.

Le rythme du renouvellement des matériels questionné

Cédric O, Secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, explique : « Il ne faut pas tomber dans certains écueils en matière de transition environnementale. La question de l’impact écologique des données est très questionné. Mais il faut davantage creuser la question du rythme de renouvellement des objets électroniques. Il s’agit d’un problème majeur sur lequel chacun doit concentrer son énergie. Nous avons également besoin de creuser la question de la mesure afin de mieux quantifier l’impact écologique.

Le responsable poursuit : « Pour cela, il est pertinent que se nouent des alliances entre clients pour qu’ils puissent exercer une pression sur les constructeurs à propos du renouvellement des logiciels par exemple. Face à l’urgence climatique, le rapport de pouvoirs entre clients et fournisseurs doit évoluer pour entrer dans un processus de conversation plus large« .

Cédric O, Secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques Green Tech Forum TechTalks Numeum

Selon le gouvernement, l’idée est donc de réintégrer le numérique au sein du processus de pensée pour littéralement « optimiser l’efficacité des systèmes« . Des propos relayés par Barbara Pompili, Ministre de la Transition écologique : « Deux enjeux majeurs se rejoignent à savoir ceux de la transition écologique et de la transition numérique. Le numérique peut apporter énormément a la transition écologique. Il doit aussi se mobiliser pour réduire son empreinte carbone. La tendance actuelle est que le numérique prend de plus en plus de place. On estime que les conséquences liées à son utilisation auront triplé dans 10 ans. Le secteur numérique doit donc reposer sur le principe de l’écoconception. C’est pourquoi nous allons lancer un AMI sur le verdissement du numérique pour identifier les projets à verdir en priorité« .

L’objectif est ainsi de, par exemple, mieux informer les consommateurs quant à l’indice de réparabilité des objets. Il s’agit in fine de créer une dynamique en fédérant des expertises et entrainer un ensemble de partenaires.

Vers une sobriété numérique affirmée

Les initiatives en matière de transition écologique, qu’il s’agisse d’une logique de Green IT ou d’IT for Green, existent depuis plusieurs années déjà. L’organisation professionnelle Numeum a par exemple lancé l’initiative Planet Tech’Care. L’objectif est ici de mettre à la disposition d’acteurs engagés les outils nécessaires à la réduction de l’empreinte environnementale du numérique.

Véronique Torner, Administratrice et Présidente du Programme Numérique Responsable de Numeum, Co-fondatrice et Directrice Générale d’Alter Way, a Smilegroup company, indique que l’initiative Planet Tech’Care permet aux décideurs de réfléchir à l’ensemble des problématiques et solutions liées à l’environnement. Elle explique : « Le numérique réinvente ses usages et fait désormais place à la sobriété. Il met véritablement le numérique au service de l’environnement. La feuille de route présentée par le Gouvernement va dans le sens d’une meilleure convergence entre numérique et écologie. C’est pourquoi nous avons pris la responsabilité d’agir au travers de Planet Tech’Care. L’initiative a vocation a rassembler tous les acteurs innovants qui agissent pour un numérique responsable. »

Dans ce cadre, le Green Tech Forum est l’occasion de mettre en avant les actions conduites par 500 entreprises en la matière. « Nous avons lancé un annuaire dans lequel les offreurs de solutions peuvent proposer leurs outils. Pour 90% des signataires, la direction porte la question de l’environnement. Ce point est central. En effet, 45% des répondants ont déjà réalise leur empreinte carbone. De même, 55% des répondants ont nommé un responsable du numérique et de l’environnement. Il ne faut désormais pas se contenter de ces réussites mais véritablement aller plus loin« , ajoute Véronique Torner.

A terme, les grandes priorités pour 2022 sont de faire grandir la communauté liée à Planet Tech’Care pour accélérer la dynamique d’engagement. Les objectifs sont clairs. Mieux mesurer les trajectoires environnementales, favoriser les échanges entre signataires. Mais également approfondir les travaux pour disposer de produit durables et bas carbones. Des enjeux mis en avant lors du Green Tech Forum.

Green Tech Forum : quelle responsabilité numérique pour l’entreprise ?

Dans ce contexte de transition écologique et numérique, les entreprises mettent en place des mesures limitant l’impact de leurs outils. Véronique di Benedetto, Vice-Présidente de numeum explique : « Le point clé demeure le matériel, les équipements. Nous allons devoir travailler davantage sur ces sujets pour arriver à une meilleure sensibilisation. Nous avons lancé un guide pour que les entreprises lancent de bonnes pratiques. Cela doit les aider à leur transition énergétique du numérique. Il s’agit véritablement d’un enjeu business car les entreprises peuvent être sanctionnées dans le choix de leurs services. Elles peuvent également potentiellement perdre des clients. Va donc se développer un pression liée au business ainsi qu’au niveau des collaborateurs. »

Pour y parvenir, les professionnels mettent en avant de nouveaux modes de réflexion. Raphaël Guastavi, Chef de Service Produits et Efficacité Matière de l’ADEME explique : « il faut replacer la question du besoin par rapport au service numérique, il faut mieux produire, mieux éco-concevoir. Mais cela nécessite de savoir mesurer les impacts, positionner les leviers. L’idée est d’éviter les transferts d’impacts et d’avoir la meilleure qualité de services. »

Dans ce cadre, la responsabilité numérique des entreprises doit encore être mieux comprise par les conseils d’administration des entreprises. Une telle initiative demande une grande curiosité. Mais également une capacité d’anticipation pour comprendre les orientations de ministères ou bien encore les éventuels changements technologiques.

A terme, des instances plus larges s’intéressent à la question de la responsabilité numérique des entreprises (RNE). Bettina Laville, Conseillère d’Etat et Présidente du Comité 21, explique : « la potentialité d’augmentation annuelle de la consommation électrique lié aux émissions du numérique est clé. Nous souhaitons que la RNE se porte au niveau européen afin que sa définition soit accolée à la RSE. C’est-à-dire que chaque entreprise, chaque acteur doit être responsable ou redevable des impacts environnementaux et sociaux de ses outils« .

Olivier Robillart