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AI France Summit 2022 : l’excellence française en IA

Pour sa troisième édition, l’AI France Summit 2022 a rassemblé professionnels et experts de l’intelligence artificielle. Réunis pendant une journée à Paris, ils ont abordé les thématiques fortes liées au développement du secteur, à savoir la confiance, l’éthique, la recherche de nouveaux talents et la santé.

Interrompu à cause de la crise sanitaire liée au Covid-19, le grand rendez-vous des professionnels de l’intelligence artificielle organisé par Numeum a repris ses droits. Durant toute une journée, l’AI France Summit 2022 s’est tenu afin de mettre en avant l’excellence française dans le domaine. L’ambition de ce grand rassemblement d’experts et d’entreprises du sujet est d’aborder les thématiques fortes liées à l’innovation tout en dégageant des perspectives d’avenir.

AI France Summit 2022 : l’excellence française en IA Numeum TechTalks
L’AI France Summit 2022

Un propos soutenu par Eva Maydell, députée européenne : « Nous avons besoin à l’échelle de toute l’Europe de constituer de nouveaux standards élevés. Ceux-ci doivent toutefois demeurer réalistes pour l’ensemble des entreprises du secteur. C’est pourquoi nous entendons proposer des règles flexibles pour que tous puissent s’y conformer. » De nouveaux fonds devraient ainsi être en mesure d’irriguer le marché, de développer les capacités de calcul ainsi que les connaissances nouvelles.

De forts investissements

Pour ce faire, la Commission européenne confirme son investissement à hauteur d’un milliard d’euros par an pour faire croître ce véritable écosystème d’excellence. Cécile Huet, Responsable technologique à la Commission européenne précise : « La Commission Européenne approche la question de la régulation de l’intelligence artificielle sur la base des risques. En investissant 1 milliard d’euros annuels, nous souhaitons attirer 20 milliards d’investissements extérieurs vers ce même domaine. »

L’objectif est donc de multiplier la conduite de partenariats public-privé avec, par exemple des acteurs de la robotique. Afin notamment que la France dispose d’un rôle actif dans la R&D de l’IA. Ce type de partenariat demeure, en effet, très structurant dans la mesure où il définit les projets de recherche qui seront financés dans l’avenir.

Parlement européen AI France Summit 2022

De son côté, Mathieu Weill, Chef du service de l’Economie numérique au sein de la DGE confirme : « La France dispose d’un bon cadre règlementaire, de fonds et de financements permettant de développer des projets nouveaux. A présent, le point central se trouve dans l’importance de trouver des cas d’usages. Le secteur a besoin d’être davantage tiré par ces cas métiers. Car seuls ces derniers sont vecteurs de succès. C’est pourquoi je pense qu’il est toujours préférable de disposer de solides commandes, plutôt que de subventions. »

Développer des IA de confiance

L’un des pans majeurs soutenant le développement de la technologie est, sans conteste, la mise en lumière d’une IA éthique. Un volet sur lequel Numeum a réalisé de grands travaux. Valentin Hueber, Délégué ESN/ICT, en charge de la Commission Intelligence Artificielle de l’organisation professionnelle précise : « Tout l’enjeu est de développer des IA de confiance en répondant aux questions légitimes du public tout en accompagnant et en valorisant les acteurs engagés. Nous tentons ainsi de répondre aux problématiques sociétales, technologiques et économiques en éclairant les décideurs. L’idée générale étant de limiter les freins à l’innovation« .

C’est dans ce cadre que s’inscrit le programme Ethical AI. Ce dernier permet de fédérer des partenaires, contributeurs, organisations et sponsors autour de l’ écosystème IA. Numeum édite à ce titre un guide pratique destiné à accompagner les professionnels. Là encore, l’optique de l’organisme est de rendre le marché davantage lisible, suivant à ce titre les préconisations du rapport Villani. A terme, Numeum a vocation à proposer un véritable label destiné aux offreurs de solutions IA.

Ainsi, dans une logique éthique, l’AI France Summit 2022 permet de mettre en valeur certaines entreprises qui militent pour une « IA for Good ». Que ce soit à l’image de Kermap (pilotage des pratiques agroécologiques mondiales) ou d’Ellona, des actions concrètes sont d’ores-et-déjà conduites.

Jean-Christophe Mifsud, Président et fondateur d’Ellona, commente : « Nous partons du constat selon lequel la pollution entraîne la mort prématurée de 7 à 9 millions de personnes dans le monde. Il devient donc capital de s’occuper de notre environnement et de l’empreinte carbone de chacun. Nous disposons ainsi des capteurs véritablement agnostiques capables de tout mesurer. Mais je qualifie ces derniers d’agissants dans la mesure où il est nécessaire d’apposer une compréhension de la situation et une contextualisation forte. Or, nous constatons que de nombreuses choses manquent encore aux IA comme la capacité d’intégrer des perceptions humaines. C’est pourquoi nous essayons aujourd’hui de mettre la mesure humaine au centre de l’effort en créant un jumeau numérique humain. »

En labelisant certaines typologies de comportement, une partie des process métier sont automatisés. Ils permettent de réaliser de la maintenance prédictive.

La santé, terrain de jeu pour l’IA

Alors que les systèmes de santé ont davantage besoin d’utiliser le numérique, des entreprises spécialisées en IA proposent des outils destinés à aider les praticiens. C’est le cas par exemple de Sonio, versée dans le diagnostic prénatal. La société a développé un logiciel permettant de mettre en avant les zones anatomiques à surveiller par les médecins. Deux algorithmes fonctionnent ainsi en temps réel afin d’établir les probabilités de différents diagnostics.

Rémi Besson, fondateur associé, précise : « En tant que dispositif médical, nous développons la capacité de lire les dossier patients et de connaitre les malformations. Nous nous heurtons toutefois aux limites des capacités du phénotypage. Le but de Sonio est de découvrir de nouveaux syndromes. La tâche est complexe mais nécessaire dans la mesure où nous évoluons dans un contexte de pénurie de sage-femme. Il est donc important de poursuivre les investissements dans l’humain. Un vœu que nous accompagnons dans la mesure où notre outil vise à dégager davantage de temps aux experts. »

Vaccination santé TechTalks ESN AI France SUmmit 2022

Un pari partagé par Neovision. L’entreprise propose des des formations en IA et de l’accompagnement stratégique. Un service dont peuvent avoir besoin grands comptes et startup qui disposent d’une roadmap en IA. Mathieu Poissard, Directeur marketing du spécialiste précise : « nous travaillons particulièrement en milieu industriel pour proposer aux praticiens des implants sans aucun défaut. Nous proposons également des moyens de planification chirurgicale assistée. Les outils guident le chirurgien sur le bon type de prothèse, le bon choix d’implant et la meilleure manière de l’implanter. »

Se former et recruter en IA

Nourrir ces développements technologiques est devenu une priorité pour toute entreprise. La recherche de talents demeure une quête permanente. Les experts réunis à l’AI France Summit 2022 confortent cette tendance. Flora Fischer, Directrice de mission au Cigref, explique : « Les prochains challenges qui se posent tournent autour de la formation est des compétences. Actuellement, le turnover des datascientist s’avère fulgurant. De même, il peut exister un décalage entre certaines formations très poussées en Deep Learning ou d’IA et l’utilisation en entreprise. Il faut composer avec un certain effet déception des collaborateurs. »

Performance TechTalks

Preuve de la transformation numérique en cours, de nombreux secteurs ont ainsi entamé la mutation de leurs compétences. Olivier Flebus, Président de la Société des ingénieurs de l’automobile explique : « La formation continue des personnels en place dans les entreprises est capitale. La transformation numérique touche de nombreuses personnes. Les entreprises présentes dans l’industrie doivent motiver leurs cadres à soulever le capot des projets IA.« 

De son côté, la société Business & Décision, filiale d’OBS spécialisée data et IA, a pris le sujet par les cornes. Didier Gaultier, Directeur DataScience et IA précise : « nous avons créé un cursus de data analyst et de data scientist. Il s’agit véritablement de deux profils différents. Le second prend en effet davantage ses racines dans les algorithmes et les mathématiques. Mais les deux sont nécessaires pour le développement de la technologie. »

L’IA pour le business

L’intelligence artificielle représente un formidable outil pour générer de nouveaux leviers de croissance et développer son offre. Romain Lerallut et Nicolas Rieul de Criteo rappelent à ce titre que la technologie permet la fidélisation des clients. Ces derniers mettent ainsi en avant les travaux opérés au sein de la plateforme de réservation de billets SNCF Connect. L’IA a permis un parcours d’achat amélioré. Et cela, via l’identification des clients et la prédiction d’une conversion vers un achat de titre de transport.

De son côté, la pépite Golem.ai insiste sur la complémentarité de ses services avec le métier de ses clients. Thomas Solignac, CEO et co-fondateur ajoute : « En relation permanente avec nos clients grands comptes, nous scrutons les e-mails car ils sont au cœur de la relation clients. Nous sommes en mesure de traiter 1,5 million d’e-mails par an pour améliorer la satisfaction des clients et des collaborateurs. Cette relation est observable en temps réel et peut donc être améliorée grâce à l’IA. »

Olivier Robillart