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Télétravail : faire grandir les entreprises

A l’occasion du Congrès Télétravail, experts et professionnels de l’organisation du travail se réunissent pour aborder les modalités futures du travail. Des entreprises en pointe comme HBS Research, Beekast ou encore Stormshield conduisent des travaux pour faciliter la vie de leurs collaborateurs.

Conséquence majeure de la récente crise sanitaire, l’organisation du travail a été remodelée. Que ce soit de manière temporaire ou pérenne, de nouvelles habitudes se sont installées dans le quotidien de millions de travailleurs. Le télétravail fait partie de ces us qui se développent en entreprise. A l’occasion du Congrès Télétravail, les experts s’interrogent désormais quant aux moyens de pérenniser les acquis. Pour le bien des collaborateurs et des entreprises concernées.

télétravail TechTalks

Le premier constat tiré par l’ensemble des entreprises suite aux multiples déconfinements est limpide. Les professionnels ont poursuivi leurs activités, avec une continuité maintenue, tout en développant de nouveaux pans de leurs business. Dès lors, il convient de solidifier les approches des entreprises afin de mieux comprendre les attentes des employés en présentiel mais également à domicile.

Blaise Heurteux, Associé fondateur de HBS-Research explique : « le management incarné et la mise en place de critères liés à la Qualité de Vie en Entreprise (QVT) sont devenus des éléments clés. Ils permettent de revenir aux fondamentaux du travail humain. Les entreprises doivent à présent véhiculer de véritables valeurs. C’est pourquoi nous mettons au centre de nos attentions la qualité de vie au sein des équipes ».

Pour parvenir à cet objectif, il convient toutefois de créer de véritables filières de formation liées au management de ces équipes. Un moyen d’y parvenir serait ainsi de mettre en place des parcours de management d’équipes. L’idée étant qu’un responsable puisse évoluer de concert avec ses propres collaborateurs.

« La crise a été un révélateur »

L’un des constats opérés par l’ensemble des professionnels intervenants au congrès est que la pédagogie doit être portée comme une priorité. Jean Pouly, Expert en économie numérique à l’Université de Lyon, explique : « Le dialogue avec les employés doit être de mise. Il faut maintenir les travaux de pédagogie. Le télétravail est réversible et doit être utilisé sous forme de volontariat. Il s’agit avant tout d’une prise de conscience collective sur les effets qu’emporte ce mode de collaboration. J’insiste sur ce point. Nombreux sont désormais les salariés à s’interroger sur le sens véritable de leur travail. La crise a donc été un révélateur sous bien des aspects ».

Pour conserver un lien entre équipes, l’utilisation d’outils numériques s’avère être un avantage certain. Des outils RH, financiers ou dédiés aux forces commerciales permettent de dresser un portrait fidèle de l’activité de chaque collaborateur. Une utilisation qui doit s’accompagner d’une certaine maturité relative au numérique. Une approche saine de comportement de chacun se met en place afin que la cohésion du travail subsiste.

Un point que soutient Emmanuel Baudoin, Professeur associé à l’Institut des Mines-Télécom Business School. Il précise : « Nous avons suivi des personnes dans l’IT afin de mieux connaître leurs habitudes. Nous constatons que l’autonomie a rapidement pris le pas. Le télétravail a ouvert des frontières et on ressent une envie de travailler différemment de la part des salariés. Le télétravail a in fine accéléré certaines pratiques. Elles sont appelées à se pérenniser ».

Des propos soulignés par Blaise Heurteux, Associé fondateur de HBS-Research : « Il convient désormais de prendre de la hauteur. La porte ouverte du télétravail est un grand pas vers l’individualisme. Mais il convient à présent de s’interroger sur la part du collectif. Et dresser un juste milieu entre le plaisir individuel et l’appartenance à une famille qu’est l’entreprise. »

De nouvelles réflexions sont donc conduites sur l’organisation du travail, mais également sur l’efficience du lieu de travail. Ce dernier doit désormais permettre de se rencontrer et partager des instants en collectivité.

Maintenir l’engagement de tous

Inscrire de nouvelles pratiques dans le temps permet avant tout de garantir la bonne exécution du travail. Cela permet en outre de préserver et de maintenir l’engagement de l’ensemble des collaborateurs. Les outils numériques se présentent comme de bons moyens d’atteindre ces objectifs qualitatifs. Dans ce sens, la répartition des différents modes est un élément clé.

Gabriel Sastre, Customer Success Manager de Beekast explique : « les outils permettent de mettre en avant les éléments positifs mais également les éventuelles frustrations. Il peut s’agir d’un manque d’organisation ou d’une mauvaise communication, par exemple. Chacun peut s’exprimer sur notre plateforme. On peut alors prendre des décisions et réaliser des actions pour pallier à tout problème« .

Ce type d’outil permet donc une visibilité opérationnelle certaine pour chacun. Ce tableau opérationnel se présente comme un moyen d’échanger tout en gagnant un temps précieux. Il permet de mieux engager les collaborateurs, en particuliers lorsqu’ils sont dans une logique de travail en mode hybride.

L’enjeu permanent de la cybersécurité

Avec la numérisation des espaces de travail, l’enjeu de la cybersécurité se révèle à nouveau prépondérant. Cette attention de tous les instants peut se porter aux yeux de tous. Collaborateurs et dirigeants. Pour les aider, la plateforme cybermalveillance.gouv livre de bonnes pratiques en la matière.

‍Laurent Verdier, Chargé de mission sensibilisation – risque cyber auprès de cybermalveillance.gouv.fr explique : « lors de la première semaine de confinement, nos services ont a connu une hausse de 400% du cyber-hameçonnage. Les pirates ont déployé de grandes capacités pour attaquer rapidement les installations informatiques. Nous avons publié et renforcé nos bonnes pratiques à destination des professionnels et des collectivités locales« .

Certaines entreprises ont alors fait le choix d’adopter de nouvelles mesures face aux menaces tels que les ransomwares, le piratage de comptes (e-mails, réseaux sociaux…) ou le phishing. Pour sécuriser ses installations et complexifier la tâche des attaquants, des outils sont en mesure d’éviter de rendre inexploitables les éventuelles données perdues.

En situation de télétravail, les experts recommandent de différencier usage professionnel et personnel des outils informatiques. Il convient également de prêter une particulière attention aux accès potentiellement délivrés à des services tiers.

Stéphane Prévost, Expert en produits de sécurité pour Stormshield et représentant de numeum précise : « les échanges demeurent sécurisés lorsqu’une entreprise confie ses données à un prestataire sécurisé. Il convient de porter une attention particulière aux données critiques de chacun« .

Chaque entreprise doit donc obliger chacun de ses prestataires à augmenter ses propres capacités de défense. Le principe étant de sécuriser le travail des collaborateurs aussi bien en présentiel qu’en télétravail.