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Le Green Deal ne se fera pas sans le numérique

La double transition écologique et numérique constitue la voie vers laquelle les entreprises de la Tech se dirigent. Avec en point de mire la Présidence française de l’Union Européenne, le Green Deal s’amorce sous ces auspices.

L’avenir des entreprises numériques ne se fera pas sans l’apport d’une double transition numérique et écologique. La position de Digital Europe est transparente sur le fait que le Green Deal va se nourrir de ces deux apports complémentaires. A l’occasion d’un Webinar, l’organisation qui rassemble l’ensemble des organismes professionnels du secteur a ainsi présenté sa feuille de route.

L’actualité est, en effet, dense sur le sujet. Alors que le sujet est volontairement mis en avant par les autorités communautaires, les autorités françaises vont porter le sujet à l’occasion de la prochaine prise de Présidence Française de l’Union Européenne (PFUE). Occasion de rappeler les tenants de la double transition. A la fois sur le terrain du numérique, que sur celui de la réduction de l’empreinte environnementale.

Transition écologique GreenTech Forum TechTalks Green Deal

C’est pourquoi Cecilia Bonefeld-Dahl, Directrice Générale de Digital Europe présente les différentes KPI permettant d’engager et maintenir cette double transition. L’organisme entend ainsi déterminer dans quelle mesure l’Union européenne permet ou non, via des métriques définies, d’accélérer cette double transition. Dans le même temps, l’idée est de promouvoir l’échange de données dans le but d’améliorer l’accès aux informations sensibles.

Des investissements soutenus

Dans ce contexte, la transparence représente en effet un élément clé. L’enjeu est reconnu par les professionnels comme étant de nature à mettre un coup d’accélérateur sur la connectivité et les infrastructures numériques. Digital Europe entend ainsi développer de nouveaux standards internationaux destinés à mieux mesurer l’empreinte carbone et l’engagement vers la transformation numérique.

Pour y parvenir, l’accès aux investissements en R&D et à l’innovation dans les Green Tech est vital pour toute entreprise. Dans le même temps, les professionnels militent pour un soutien transcontinental en direction de la formation pour les compétences de protection de l’environnement. L’objectif est de renforcer les liens entre les politiques publiques liées à l’environnement et celles liées au développement du numérique. Enfin, l’organisme souhaite appuyer les plans d’action visant à accélérer l’absorption du numérique dans les secteurs fortement consommateurs en énergie.

Un Green Deal en faveur de la transparence

Plusieurs secteurs sont appelés à accélérer leur double transition. Qu’il s’agisse d’une logique d’Industrie du futur ou d’IT for Green, des pans entiers de l’Economie peuvent accélérer leur mue. C’est le cas des secteurs de la construction et du bâtiment, de la production d’énergie, des transports et de l’Agriculture.

Alors que la COP 26 s’annonce, certains constats s’avèrent évidents, et plusieurs solutions sont désormais défendables. Digital Europe avance ainsi plusieurs exemples de réussite de double transition. Elle évoque la réduction de 71% des émissions de CO2 de Vienne via la combinaison de technologies numériques et de data analytics.

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Daniel Mes, membre du cabinet de Frans Timmermans en charge du Green Deal européen au sein de la Commission européenne confirme ces positions. « Nous souhaitons volontairement agir en faveur de la réduction de l’empreinte carbone de l’ensemble des industries. Et cela, de manière proactive. Je pense en particulier à la transition de certains marchés comme celui de l’automobile vers les voitures électriques. Il s’agit ici d’un bon exemple d’une transition quaccompagnent le logiciel et le numérique au sens large« .

Eviter le « Greenwashing »

Des propos relayés par Floriane de Kerchove, membre d’Agoria. Elle précise : « nous tentons d’identifier les meilleurs use case et des exemples concrets de cette double transition. Le secteur de l’énergie représente un bon exemple de ce qu’il est possible de faire avec l’apport de l’intelligence artificielle. C’est pourquoi il convient de soutenir les investissements en direction des entreprises qui s’engagent en faveur de la réduction de leur empreinte carbone« .

Pour constituer un socle permanent de compréhension du sujet, les professionnels souhaitent développer les compétences des futurs travailleurs. Les experts du Green Deal insistent sur le fait de disposer de métriques mesurables pour limiter l’empreinte carbone. En disposant de données chiffrées, le double transition devient mesurable et s’éloigne des éventuelles accusations en « Greenwashing« .

Jill Duggan, Directrice exécutive de l’Environmental Defence Fund Europe rappelle : « Il est important de mesurer et monitorer les émissions afin de disposer d’un référentiel commun. L’un des problèmes majeurs de la COP 26 est le manque de transparence des mesures qui y sont prises. C’est pourquoi il est important d’utiliser le numérique pour mesurer de manière granulaire les empreintes. Les responsables publics doivent désormais reconnaître que le fait d’intégrer la transition écologique représente de nombreuses opportunités et tout autant d’aspects positifs« .

Mesurer la double transition

De son côté, Marc Nezet, Senior VP for Energy Management et Software Transformation de Schneider Electrics confirme ces positions. « Pour mesurer l’impact de la double transition, nous tentons de renforcer les liens entre la recherche publique et académique. Il s’agit de casser les silos existants et d’évaluer les compétences en la matière afin de former les collaborateurs de demain. Nous incluons l’efficacité énergétique au cœur de nos process et nous devons rendre nos travaux plus visibles. Car, au plus nous développons nos connaissances sur le sujet, au plus nous pourrons adresser les enjeux et leur urgence« .

Les trois mots d’ordre sont donc le développement des compétences, l’importance de mesurer les consommations énergétiques et la réduction de l’empreinte carbone. Dans les prochaines semaines, Digital Europe, à l’image de Numeum, entend poursuivre ses travaux en direction de la double transition numérique et écologique. L’organisation publiera ainsi 22 exemples concrets de doubles transitions réussies. De quoi engager la double transition en direction d’un Green Deal réussi.

Olivier Robillart