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Gaia-X : pourquoi et comment s’impliquer

Le consortium européen est un atout majeur pour toute entreprise souhaitant développer son activité et son cloud hors de son marché national. Gaia-X offre à ce titre des espaces européens de mutualisation sécurisés de données de l’industrie et des services.

Lancée en 2019, Gaia-X vise le développement d’espaces européens de mutualisation sécurisée des données de l’industrie et des services. Ce projet stratégique pour l’économie de la data est particulièrement majeur dans la mesure où l’ensemble des acteurs du numérique peuvent y tenir une place de choix. Pour ce faire, il convient de fournir l’environnement fondamental d’une infrastructure.

Cette dernière sert alors non seulement d’écosystème pour l’innovation mais vise également l’émergence de nouveaux services basés sur les données. Un sujet pour lequel Numeum attache une importance toute particulière. L’organisation professionnelle représentative du numérique a ainsi crée une nouvelle commission dédiée à la data et au Cloud. Jawaher Allala, Administratrice et Présidente de celle-ci explique : « Les infrastructures sont traversées par la donnée, il est donc clé pour toute entreprise de participer aux travaux de Gaia-X. D’autant que même s’il s’agit d’un cadre européen, le hub France représente le point de contact central pour les entreprises au niveau du pays. »

Cloud Gaia-X cloud TechTalks

Des propos repris par Philippe Tavernier, Délégué Général de Numeum et membre du Hub France de Gaia-X. Il ajoute : « nous faisons en sorte que les entreprises puissent agir dans un cadre de concurrence saine. A ce titre, Numeum est très intéressé par l’émergence de l’organisation et nous nous devions de disposer d’informations claires et précises à destination de tous nos membres. Je pense tout particulièrement aux milliers de TPE/PME et start-up adhérentes et qui, peut-être, ne disposent pas de toutes les données nécessaires. »

Gaia-X : pour réfléchir aux cadres de demain

Dans ce cadre, le point focal du hub France porte sur les usages, les data spaces ainsi que sur les volets métier. L’idée étant véritablement de créer et accompagner ce marché européen. Hanaé Bisquert, Responsable des affaires publiques d’OVHCloud, explique : « GaiaX n’est pas une plateforme de certification ni une plateforme de cloud ou de software. Il est donc important de préciser ce que n’est pas l’organisation. Il s’agit toutefois d’un projet mené par ses membres lesquels vont définir l’architecture dans laquelle les services vont opérer. »

Gaia-X est donc à même de délivrer des spécifications liées aux services fédérés, des framework de labels, de développer des implémentations et de services de qualifications. L’organisme est ainsi passé de 22 à 334 membres en moins de deux années d’activité. Il regroupe à ce jour des entreprises de secteurs très divers allant de la mobilité en passant par l’énergie ou encore la finance. A noter que la moitié d’entre elles sont des PME.

Pierre Gronlier, CTO de Gaia-X, précise : « Ce n’est pas un cloud provider ou un broker de services. Par contre les acteurs actuellement présents ont été vérifiés du point de vue de leur transparence. Ils sont ainsi passés via un Trust framework. La mission est donc d’encourager la transformation numérique. Et cela en garantissant une autonomie légale (partage données personnelles, consentement…) via un document qui définit les règles d’usages. »

Il s’agit donc véritablement d’une action visant l’autonomie technique via les données et non pas le hardware. L’ambition est donc de mettre résolument en avant la donnée et le logiciel. C’est pourquoi l’organisme fonctionne sur 3 niveaux. Tout d’abord, le trust plane et le management plane. Enfin l’usage plane constitue l’opérabilité technique.

Les objectifs futurs de Gaia-X

Parmi les sujets « de demain » sur lesquels travaille l’organisation figurent le sujet de l » »identity et attributes », la traçabilité et la digitalisation de l’économie. Des sujets à la fois transverses et majeurs pour l’ensemble de l’écosystème numérique.

Raja Chiky, Responsable des programmes Innovation d’Outscale précise : « Nous sommes membres fondateurs de Gaia-X. En intégrant ce dispositif, nous participons au processus de décision et à la construction d’écosystèmes verticaux dans l’Education, la Finance, l’Energie, la Mobilité, l’Industrie 4.0, la Santé, le Secteur public, l’agriculture et même l’aérospatiale… »

Dans ce cadre, les data spaces constituent des endroits de discussion. A titre d’exemple, le groupe de travail « Data Space » permet aux membres de s’aligner sur deux cas d’usages concrets comme la fédération des données spatiales (Programme Copernicus). L’idée étant de construire un consortium sur un domaine bien défini.

Cloud Innovators TechTalks Numeum

Plusieurs cas d’application existent permettant via le Agdatahub, par exemple, aux agriculteurs de récupérer les données sur leurs propres installations. Ces dernières étaient vendues à des entreprises privées ou des acteurs financiers en même temps que des matériels dédiés. D’autres projets agissent dans la même optique. Que ce soit CatenaX pour la supply chain dans l’industrie automobile, EuProGigant dans l’industrie 4.0.

Un impact financier certain

Toujours est-il que le fait de participer à Gaia-X emporte des impacts financiers positifs pour qui souhaite s’impliquer dans l’initiative. Elle permet à chaque entreprise de trouver des partenaires et de créer des opportunités. Cela permet également d’augmenter sa visibilité en Europe et même à l’international.

Pour y parvenir, des participations aux sessions d’onboarding ont lieu tous les mois. Une plateforme collaborative est disponible pour tout adhérent, tout comme un intranet. Chacun est alors à même de choisir les comités qu’il entend influencer.

Olivier Robillart