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Leviers de croissance : Regards sur les ETI et Scale-up

Les travées du salon Vivatech regorgent certes de start-ups mais également de scale-up et d’entreprises de taille intermédiaire (ETI), venues aborder le sujet de leur croissance. Générateurs d’emploi et sources de développement économique, ces entités s’avèrent pourtant encore trop peu soutenues à cause d’un manque d’investissement majeur de la part de grands fonds.

De belles réussites, des potentiels de croissance, voire d’hypercroissance forts, des ressources en termes d’emploi mais trop peu de soutien émanant des fonds d’investissements nationaux ou européens. Voilà le constat que dressent nombre de professionnels à propos des ETI et scale-ups du territoire. Ces sociétés, très majoritairement promises à un bel avenir, souffrent cependant d’un manque de reconnaissance au point de vue notamment du cadre d’investissement.

La France regorge pourtant de véritables pépites en la matière. Qu’il s’agisse de Berger-Levrault, ESI Group, Oodrive ou bien encore Talentsoft, ces sociétés constituent indéniablement des forces de frappe non négligeables aussi bien pour l’économie nationale qu’à l’international.

Vivatech flashe sur les ETI

A l’occasion du salon Vivatech, les projecteurs ont été dirigés en direction de ces ETI. Au travers d’une table-ronde organisée par KPMG dont l’objectif était de soulever l’importance du modèle scale-up. Les ETI représentent en effet les entreprises qui créent le plus d’emplois en France. Bien loin du Mittelstand allemand, elles sont tout de même une force vive de la nation. Elles regroupent 4% des entreprises pour plus de la moitié du PIB. Le potentiel en termes d’emploi et de croissance est donc loin d’être négligeable.

Pourtant, à ce jour, trop peu de fonds d’investissements portent une attention forte à ces entités. En partie par manque de dealflow. Pierre Cesarini, PDG de Claranova Group (ex-Avanquest Software) explique : « Notre repositionnement a été possible grâce à notre taille. Mais je constate encore l’existence d’un contresens lorsque j’entends parler de start-ups. Le fait de créer de nombreuses start-ups en France ne signifie pas qu’il existera tout autant d’ETI sur le territoire. Pour que les jeunes pousses mûrissent, il faut un environnement spécifique. Actuellement, il est relativement facile en France de lever 10 millions d’euros. Mais lever 100 ou 300 millions est un sujet beaucoup plus complexe. Parce qu’il n’existe malheureusement pas suffisamment de grands fonds nationaux ou européens ».

Nourrir les écosystèmes

Outre l’importance de bénéficier d’un entourage d’investissement suffisamment proche, les experts présents à Vivatech se rejoignent. Les ETI doivent, par leur taille particulière, conserver l’agilité comme une nature propre. Elles profitent d’une capacité à se repositionner. Et tout autant de moyens suffisants pour opérer une acquisition d’une technologie ou de compétences nécessaires.

Olfa Zorgati, Directrice Administrative et Financière d’ESI Group explique : « Pour grandir, les ETI ont besoin de retours d’expérience que ce soit pour acquérir de la croissance ou convaincre de grands groupes. Il ne s’agit ni plus, ni moins que de mettre en place une stratégie de win-win. Nous avons rencontré et épaulé une entreprise spécialisée dans la modélisation de batteries électriques. Ce partenariat comprenait également un volet leur permettant de scaler plus rapidement. La croissance est donc importante, à condition de pouvoir conserver son ADN de départ et une vision data driven ».

Agilité permanente et soutien semblent donc représenter les deux leviers majeurs permettant l’éclosion et la croissance de scale-up en France. A ceci doit s’ajouter l’importance de développer des écosystèmes propres ou encore de nouer des partenariats avec ses voisins européens. Autant d’enjeux auxquels les ETI se confrontent dès à présent.