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Le critère environnemental bientôt incontournable dans les recrutements ?

Le numérique joue un rôle capital dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La dernière étude réalisée par l’OPIIEC, en partenariat avec Numeum, soulève l’importance de former les utilisateurs au numérique responsable. Car le critère environnemental monte en puissance pour les recrutements dans les entreprises du numérique. Face à ce défi, les formations doivent s’adapter en conséquences.

Alors que le numérique responsable représente un moyen de réduire l’impact environnemental des équipements technologiques, les entreprises s’adaptent à cette nouvelle donne. La dernière étude baptisée « Besoins en compétences, emploi et formation en matière d’empreinte environnementale du numérique » de l’OPIIEC révèle que les employeurs, lors de leurs recrutements mettent désormais l’accent sur le critère environnemental dans les expériences recherchées, sinon dans les formations nécessaires.

Les dernières études indiquent en effet que le secteur du numérique représente aujourd’hui 3 à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre dans le monde. Il est donc capital que chacun puisse dégager des moyens nouveaux afin de réduire cette empreinte. Il convient de rappeler que l’empreinte environnementale du numérique peut s’appréhender au travers de trois grandes grilles de lecture. Selon l’ADEME, cette empreinte comprend les terminaux fixes et mobiles (ordinateurs, objets connectés, smartphones), les réseaux déployés ainsi que les centres informatiques (serveurs, équipements réseaux, baies de stockage…).

Photo de Nick Fewings sur Unsplash recrutements Numeum TechTalks

Face à ce défi, il devient important de sensibiliser et former tous les utilisateurs à l’impact du numérique, et ce à touts les strates de l’organisation et pas seulement au niveau des SI. Dans cette même idée, de nouveaux besoins métiers en termes d’analyse des risques et de gestion des données émergent.

Le critère environnemental monte en puissance dans les recrutements

Lors des recrutements, le critère environnemental monte déjà en puissance. Et cela, aussi bien du côté employeur que des candidats. L’impact est d’ailleurs particulièrement notoire chez les jeunes diplômés. Ces derniers s’attendant à ce que leurs futurs employeurs prennent de réels engagements en faveur de l’environnement. Face à ces évolutions, la formation existe mais « manque à ce jour de maturité et de lisibilité : elle n’est pas encore armée pour répondre aux enjeux de demain, en dépit d’un vrai foisonnement de solutions offertes aux entreprises, » indique l’étude.

C’est pourquoi l’organisation, en soutien de Numeum, propose plusieurs axes de développement. L’idée est de densifier l’offre de formation en visant particulièrement les formateurs à ces nouveaux paradigmes. Autre point, l’étude propose d’entériner la création de métiers émergents du type « Responsable Green IT » au sein d’une entreprise.

Toujours est-il qu’en matière de formation initiale, une loi de 2021 prévoit une formation à la sobriété numérique à l’entrée à l’université à partir de 2022 ainsi qu’un module d’écoconception dans les formations d’ingénieur en informatique. Aussi, ces thématiques peuvent être abordées sous différents angles, pratique empirique de la formation via des guides de bonnes pratiques, des MOOC en ligne, des conférences…

UI-UX design, écoconception logicielle : les futures qualités requises

Face à ces évolutions, visibles lors des recrutements, de nouvelles expertises se développent en réponse aux enjeux de sobriété numérique. L’étude recense pas moins de six compétences clés en lien direct avec la diminution de l’empreinte environnementale du numérique. Il s’agit du webdesign, de l’UI et l’UX design, de l’infrastructure/cloud et de l’écoconception logicielle.

Sur ce dernier point, il s’agit de réduire la quantité de ressources informatiques (serveurs, bande passante, puissance des terminaux utilisateurs) nécessaires faire fonctionner un outil, un service numérique. L’idée est de réduire mécaniquement la puissance informatique nécessaire au fonctionnement du logiciel. Ainsi, en réduisant la consommation des logiciels, on favorise l’allongement de la durée de vie des terminaux utilisateurs (et des serveurs). Dans ce cadre, la maîtrise de certains outils et frameworks comme React, Flutter, VueJS, Kubernetes, Oyhton, Symfony, Swift, Kotlin,Ansible, VS Code, Android Studio constituent un avantage pour les candidats aux recrutements.

Aussi, des compétences nouvelles dédiées font leur apparition dans les annonces de recrutement. On parle ainsi de la capacité présenter la démarche NR de l’organisation dans les propositions commerciales (engagements, actions menées, chiffres-clefs…). C’est pourquoi certaines entreprises du numérique ont d’ores-et-déjà créé une ou plusieurs fonctions support dédiées. Existent par exemple le Responsable Green IT, le CSO pour Chief Sustainability Officer ou bien encore le Formateur Numérique Responsable.

Olivier Robillart