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Rachel Delacour, Sweep : « pour traquer les émissions carbone, une couche technologique est nécessaire »

Présent sur un marché en forte croissance, Sweep vient de lever 22 millions d’euros pour développer son logiciel destiné à dresser l’empreinte carbone des entreprises. Rachel Delacour, CEO de l’entreprise aborde les potentiels d’une solution de gestion de l’empreinte carbone pour l’ensemble des professionnels.

Alors que les préoccupations relatives à l’empreinte carbone des entreprises sont de plus en plus prégnantes, des acteurs du logiciel font le choix d’agir. L’éditeur de logiciel SaaS Sweep a ainsi levé 22 millions d’euros afin de développer son service, une plateforme logicielle de gestion de l’empreinte carbone. 

Cet outil s’adresse prioritairement aux grandes entreprises responsables de rejets de carbone qui souhaitent atteindre le point de neutralité. Grâce à la data, l’entreprise permet de mettre le doigt sur les problématiques de quantification des émissions et sur les solutions à apporter. Explications avec Rachel Delacour, CEO de Sweep et membre de Numeum.

Rachel Delacour, CEO de Sweep

Comment Sweep s’intègre dans la double transition écologique et numérique en cours ?

Rachel Delacour : Le marché de la gestion de l’empreinte carbone évolue très rapidement en termes de maturité. Nous assistons à un engouement qui va de pair avec l’obligation pour les entreprises de dresser des rapports relatifs à leurs émissions carbone. L’utilisation d’outils dédiés leur permet d’aller au-delà des simples intentions et faire état de sa progression en termes de réduction des émissions.

Le constat est simple. Des engagements publics ont été pris. Il convient à présent de tracker ces émissions. Pour y parvenir, il est nécessaire d’apposer une couche technologique, logicielle ou de Business Intelligence. D’autant qu’il est devenu nécessaire de dresser ces rapports en continu et ainsi d’embrasser la complexité de l’organisation d’une entreprise. De son système d’information à sa communication vers l’externe.

Pour dresser un constat véritable, il convient d’organiser correctement le dialogue au travers d’une plateforme SaaS de « Carbon Management ». Les rapports établis vont alors permettre à une entreprise de communiquer clairement sur ses émissions. Et de s’en prévaloir même jusqu’à une place de marché pour acquérir de nouveaux droits.

Comment standardiser les données relatives aux émissions carbone ?

Rachel Delacour : En matière de rapport d’émissions carbone, les entreprises ne sont encore soumises qu’à des obligations déclaratives. Ces dernières n’étant, à l’heure actuelle, encore peu auditées. L’exercice de transparence demeure toutefois important pour toute organisation professionnelle qui doit se faire auditer dans le temps.

Rachel Delacour Sweep TechTalks Numeum

L’exhaustivité des données et la qualité des KPI collectées permet de mettre en avant des éléments prouvables. C’est pourquoi il est important de s’attarder à la profondeur de la data utilisée pour bâtir ces rapports. Pour arriver à un résultat fini, il convient d’être clair. Non seulement pour organiser la lecture du déclaratif mais également pour prouver la véracité de la data et sa granularité. Il s’agit en quelque sorte d’un rempart contre les standards susceptibles d’être crées à l’avenir. 

A quoi vont servir les derniers fonds levés ?

Rachel Delacour : L’approche par la BI permet d’assurer une compréhension exhaustive des émissions carbonées liées à la réalité opérationnelle de chaque entreprise des assets en place et de leurs émissions. Il permet aux entreprises de ne pas recommencer chaque année les mêmes rapports mais de leur donner la main sur leur propre bilan carbone via une plateforme centralisée.

Notre objectif est donc de poursuivre le développement du produit et de nous renforcer sur la partie ventes. Sweep va également renforcer sa croissance à l’international. Nous disposons actuellement de clients au Japon et aux Etats-Unis et nous entendons continuer ce rythme de progression. Le mode full SaaS permet en effet une intégration facilitée de clients à travers le monde. L’objectif est également d’intégrer de nouveaux collaborateurs, en particulier féminins.

A ce propos, quelle est votre position au sujet du manque de femmes dans les entreprises numérique ?

Sweep a été créée en tant que société à mission. Au-delà de l’objectif de réduction des émissions carbonées nous tenons à honorer nos engagements sociaux. Nous sommes ainsi certifiés B Corp suite à l’obtention des points nécessaires en termes de gouvernance, d’égalité et de diversité de nos collaborateurs.

Avoir mis en place ce système nous oblige à rester conformes au label et ainsi d’organiser nos recrutements en fonction de ce critère. Cela force en quelque sorte les choses puisque entre en ligne de compte l’égalité hommes-femmes ou bien encore l’intégration de profils différents. En somme, cela fait partie de notre ADN. Notre board est désormais principalement constitué de femmes, tout comme le comité de mission.

Olivier Robillart