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Mastercard : « Il est fondamental d’orienter les femmes vers les filières qui recrutent »

Le programme P-TECH permet aux professionnels d’accompagner des lycéens, de la 2nde (option professionnelle) jusqu’au BTS. Au cœur de ce dispositif d’accompagnement, Mastercard propose du mentoring, des interventions en classe destinés à développer les compétences des élèves sur des métiers d’avenir et à encourager l’égalité des chances.

Chaque semaine, la rédaction de TechTalks propose un éclairage sur le programme P-TECH au travers d’interviews et de partages d’expériences d’entreprises partenaires. L’objectif est de mettre en lumière ces actions en faveur de l’emploi des jeunes étudiants et de leur formation. Numeum est ainsi la seule organisation professionnelle partenaire du programme aux côtés du ministère de l’Education nationale.

Aujourd’hui, la parole est donnée à Violette Bouveret, Vice-Présidente de Mastercard France. L’entreprise est actuellement en charge d’une classe de seconde professionnelle à Bagneux qu’elle va accompagner jusqu’au BTS.

Violette Bouveret, Vice-Présidente de Mastercard France TechTalks Numeum
Violette Bouveret, Vice-Présidente de Mastercard France

Pourquoi rejoindre le programme P-TECH ?

P-TECH fait partie des initiatives que nous conduisons au sein de Mastercard afin de lever les freins à la présence de femmes dans la Tech.

Le programme doit être bénéfique aussi bien pour les élèves, et en particulier les jeunes filles, que pour les entreprises qui les recruteront. Côté entreprise, nous sommes convaincus que la tech, pour répondre aux enjeux du marché et de la société, a besoin de diversité et pas seulement en termes de genre mais aussi d’origine, de formation ou même de manière de penser. Les visions et les compétences doivent être plurielles. C’est pourquoi nous nous sentons proches des programmes comme P-TECH qui contribuent à cette vision.

Du côté des jeunes filles, et des femmes, le constat est clair. Il est devenu fondamental d’orienter les femmes vers les filières qui recrutent. Nombre d’entre-elles se trouvent en situation de faiblesse économique ou de précarité. Le numérique est un secteur qui recrute. Si elles optent pour des filières dites « scientifiques » ou « techniques », elles trouveront plus facilement un emploi, bien rémunéré de surcroit, et elles seront donc davantage protégées, économiquement parlant.

En ce sens, P-TECH est clé car le programme porte son action sur le terrain. Il permet d’accompagner des hommes et des femmes qui viennent d’origine différentes. Le mentorat apporté par les équipes de Mastercard se porte ainsi non seulement sur les connaissances et savoirs profonds nécessaires aux métiers du numérique mais également sur les « soft skills » qui sont nécessaire pour casser les plafonds de verre et s’approprier les codes pour intégrer ces filières Il s’agit alors d’enseigner la manière de passer des entretiens, de se présenter aux entreprises ou même d’épauler les étudiants sur une infinité de sujets divers.

Quelles convictions partagez-vous pour mieux faire connaître les métiers du numérique ?

Le sujet, c’est de moins en moins la discrimination car les entreprises cherchent à recruter des profils différents. L’enjeu maintenant, c’est de casser les plafonds de verre que se mettent les jeunes filles au travers d’idées reçues comme « la Tech, c’est pour les garçons », « La Tech, c’est pour les forts en maths » ou encore « les métiers de la Tech, c’est sans intérêt ». C’est par des témoignages, un meilleur fléchage en direction des métiers du numérique et des associations avec des marques fortes auprès des jeunes que nous arriverons à avancer sur ces sujets.

Nous sommes convaincus qu’intégrer davantage de femmes dans le numérique passe par un accompagnement tout au long de sa vie. Pour les 11-12 ans, nous avons le programme « Girl4Tech » qui vise à expliquer ce qu’est la crypto, un algorithme et autres concepts numériques. Pour compléter dans le secondaire, nous avons lancé en France « Tech the Power » avec Trace Academia, un programme ludique destinées aux collégiennes et aux lycéennes et qui vise à casser les idées reçues. Dans l’enseignement supérieur, c’est P-TECH. Une fois dans la vie professionnelle, nous avons des initiatives analogues !  Ce sont autant d’exemples qui permettent de dresser une représentation fidèle des métiers qui existent. L’idée est alors, in fine, de mettre du sens et de la pédagogie dans la manière d’enseigner et d’apprendre.

Quel sont les facteurs clés de réussite du programme P-TECH ?

L’objectif patent est de littéralement débloquer l’accès à la connaissance pour encourager le développement des personnes. Le premier indicateur de succès est, tout simplement, le nombre d’étudiants qui restent dans la filière tech en fin de parcours. Cet élément permet de faire avancer le sujet à l’échelle globale et de ne plus raisonner en silos. Nous disposons alors une approche globale du sujet.

A terme, le prochain levier de succès sera relatif à la pluralité des personnes présentes au sein d’une entreprise. Il est préférable de faire collaborer ensemble des profils qui n’ont pas le même « formatage » personnel et professionnel. C’est aux géants de la tech qu’il revient de se saisir de ce principe de développement. Pour y parvenir, il faut expliquer à chacun quelles sont les compétences recherchées et les apprendre. Le programme P-TECH entre pleinement dans cette logique inclusive forte.

PTECH Oracle TechTalks

Les solutions sont simples. Il faut montrer ce que sont réellement les métiers, entrer dans la vie des plus jeunes au moyen d’influenceurs, d’artistes ou d’exemples tangibles qui parleront aux plus jeunes. Ils développent des moyens utiles, parfois ludiques, pour se documenter sur le numérique. Cela permet de raisonner par l’exemple et la pédagogie.

Mastercard s’inscrit dans ce continuum positif. Nous développons ces approches grâce non seulement à nos partenaires, mais également aux équipes en interne. Elles disposent de l’expérience à apporter aux plus jeunes. Cela forme en somme un rapport gagnant-gagnant au travers duquel nous nous engageons dans la durée.

Numeum est donc à la recherche d’entreprises partenaires susceptibles de s’engager dans le programme P-TECH. Pour tout contact chez Numeum : Eloïse Lehujeur, Chargée de mission Education et EdTech.

Olivier Robillart