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Un écosystème européen d’intelligence artificielle est-il possible ?

L’intelligence artificielle représente un levier de croissance considérable pour les entreprises et scale-up du numérique. Mais la plupart d’entre elles regrettent le manque d’initiatives pour bâtir un écosystème européen. Des projets existent pourtant, portés par des pépites nationales du logiciel comme Thales.

En janvier dernier, un pas majeur vers la construction d’un projet d’intelligence artificielle à l’échelle européenne a été réalisé. L’AI4EU (Artificial Intelligence for European Union) a ouvert la voie vers la constitution de la première plateforme européenne d’IA. Portée par la Commission Européenne, financée à hauteur de 20 millions d’euros par les instances communautaires, l’initiative fait date.

L’objectif de cette mesure coordonnée par Thales est d’accélérer l’adoption de l’IA dans l’ensemble de l’économie européenne. L’éditeur va ainsi mettre à disposition une partie de ses ressources propres. Outils, composants, modules, connaissances, algorithmes et exemples d’utilisation sont utilisés pour mener à bien cette entreprise. PME, start-ups, scale-ups mais également entrepreneurs, scientifiques ou industriels sont à présent à même d’utiliser cette plateforme.

Epaulé par l’ensemble de l’écosystème européen, Thales a ainsi pour ambition de fédérer l’écosystème d’IA en Europe pour favoriser le partage, l’usage et la valorisation de nouvelles solutions sur des domaines majeurs tels que la robotique, la santé, les médias, l’agriculture, les nouveaux senseurs (IoT) ou encore la cybersécurité.

Une position de choix pour l’éditeur, comme le souligne Juliette Mattioli, Senior Expert en IA de Thales, interviewée à l’occasion de l’AI France Summit : « l’IA est l’un des 4 piliers de notre transformation numérique et dans laquelle nous avons investi depuis plusieurs années. Cela couvre pour nous l’intelligence artificielle relative aux données, avec l’apprentissage que l’IA symbolique pour le raisonnement et la décision ».

Une ambition forte qui permettra de bâtir l’IA européenne de demain dans la mesure où le projet IA4EU fournira également des éléments clés pour la future proposition européenne d’un agenda stratégique sur l’intelligence artificielle.

Développer une culture « franco-européenne » de l’IA

L’idée d’une collaboration paneuropéenne autour de l’intelligence artificielle n’est certes pas nouvelle mais peinait, jusqu’à lors, à émerger. Selon Cédric Villani, député LREM et auteur du rapport « AI for Humanity » présenté le 29 mars 2018, estime que la France doit en la matière : « se distinguer, non seulement par nos régulations, mais aussi par notre culture ».

L’idée est ainsi de réunir pas moins de 79 partenaires publics et privés. Un écosystème européen, issus de 21 pays (sur les 28 membres de l’UE) est également de mettre en avant les valeurs éthiques et inclusives de la technologie, tout comme l’explicabilité et la vérifiabilité des algorithmes. IA4EU sera ainsi dotée d’un conseil éthique en sus de conseils industriels et scientifiques.

Une position soutenue par l’ensemble du secteur dont Criteo. La pépite française souhaite poursuivre ce dialogue. « Nous avons commencé cette logique notamment avec la Finlande et l’Allemagne. Il est important de rendre les choses plus systématiques et les accélérer de façon à ce que nous soyons capables de créer des champions européens et qu’ils soient capables d’influencer les qualités de chacun ».

A terme, huit projets industriels pilotes devraient voir le jour sous l’égide de cette initiative, d’ici la fin de l’année. Pour Cédric Villani, l’Europe et la France doivent donc marcher main dans la main. L’objectif est : « d’installer une grande ouverture avec le monde, avec des allers et retours. L’objectif est de donner de bonnes conditions de travail et d’impact en France, en particulier à nos chercheurs. Je pense qu’à l’avenir, nous construirons une société dans laquelle l’algorithmie fera partie de la valeur-ajoutée dans tous les domaines ».